Le 13 janvier 1875 - Décès de Pierre Vaux

12/11/2024

Pierre Vaux, né à Ecuelles le 8 janvier 1821, de parents cultivateurs. A 16 ans, il fait son apprentissage de sabotier à Jallanges,

Un de ses frères était instituteur à Viry, encouragé par celui-ci, Pierre prépara le concours d'entrée à l'Ecole Normale de Mâcon, Il fut admis et intégra la promotion 1842-1844,

A sa sortie, il fut proposé au conseil municipal de Longepierre, A cette époque, on soumettait la nomination des instituteurs au Comité scolaire d'arrondissement avec l'accord du conseil municipal,

Pierre Vaux est un enseignant intelligeant, fougueux, généreux, mais sous cette monarchie de Juillet, ce ne sont pas des qualités récompensées,

Les notables locaux le considèrent comme "un utopiste, un socialiste, un partageux". De plus, il revendique vivement les moyens nécessaires à l'école. Il est secrétaire de mairie (fonction assurée très souvent par les instituteurs) mais démissionne de cette fonction, en 1846, lorsqu'une augmentation de traitement lui est refusée, ce qui conduit le conseil municipal à revenir sur son refus. Pierre Vaux est mal vu, et mal noté, par les autorités mais il est apprécié par la population.

Il se marie, le 9 septembre 1845, avec Irma Jeannin, fille de cultivateurs aisés.

Après l'échec de la révolution de 1948, une loi du 11 janvier 1850 organise la révocation des instituteurs communaux. C'est à la suite de celle-ci que Pierre Vaux, accusé d'être le chef des "rouges" de sa commune reçoit, le 13 mars 1850, notification d'un arrêté préfectoral daté du 25 février, le suspendant pour six mois de ses fonctions d'instituteur, pour relations et esprit de désordre. Pierre Vaux reste à Longepierre et devient cultivateur. Une partie de la population ne rechignait pas à venir lui donner un coup de main pour labourer son champ. On avait cru l'abattre mais était encore plus populaire que jamais.

Le 24 novembre 1850, Pierre Vaux et les républicains gagnent les élections municipales de Longepierre. Le 28 janvier 1851, le conseil est installé. Pierre Vaux est élu maire par 9 voix contre 3 à Gallemard.

Le préfet refuse de valider ce choix et il écrit : «Si vous prouvez par vos actes que vous avez rompu avec la République rouge, comme j'aime à le compter d'un homme de votre intelligence, vous pourrez dans quelque temps être réinstallé dans vos fonctions d'instituteur ; sinon, je ne pourrai vous conserver celles de maire». 

Pierre Vaux siège comme simple conseiller et Gallemard fut maire.

Un incendie se déclare dans la commune de Longepierre dans la nuit du 2 au 3 mars 1851. C'est le premier d'une série de 25 incendies tuant deux personnes et détruisant 65 des 104 bâtiments que compte la commune. Pierre Vaux est soupçonné, sur un témoignage qui s'avérera être un faux témoignage, et arrêté après le troisième incendie, le 5 mai 1851. Il est arrêté à nouveau le 30 avril 1852.

Il est condamné par la cour d'assises à Chalon-sur-Saône en juin 1852, avec sept autres personnes, aux travaux forcés à vie et déporté à Cayenne, où il arriva en septembre 1855.

Cinq mois après sa condamnation, de nouveaux incendies éclatent dans la commune et se poursuivent jusqu'au 12 avril 1857. L'auteur principal est découvert : c'est, Gallemard, concurrent de Pierre Vaux, qui lui a succédé comme maire, et l'un des principaux accusateurs de Vaux.

Gallemard se suicide dans sa prison avant sa condamnation. Les autres coupables furent condamnés à mort. Mais Pierre Vaux ne bénéficie pas pour autant d'un procès en révision.

Il meurt en déportation le 13 janvier 1875 ; il est inhumé à l'îlet La Mère.

Grâce à l'obstination de son fils, Pierre Armand Vaux, Pierre Vaux est finalement réhabilité, par arrêt de la Cour de cassation du 16 décembre 1897. Pierre Armand Vaux devint député de la Côte-d'Or et contribua au vote d'une loi favorisant les révisions de procès et les réparations d'erreurs judiciaires.